Il n’y a pas de doute : votre voyage sera superbe. Le Nicaragua est un pays fabuleux, il suffit juste de connaître quelques règles, us et coutumes. C’est le seul but de ce petit vade-mecum volontairement exagéré et légèrement taquin…

 

Tout d’abord, bravo ! Vous n’êtes pas bien nombreux encore à visiter le Nicaragua et pourtant le pays est un vrai bijou.

Quelques précautions toutefois car comme tout pays où une grande partie de la population est pauvre (ici les 5% les plus riches détiennent 90% de la richesse), il y a des vols. Il suffit de ne pas susciter l’envie. Pas de bijoux, de montres dispendieuses, pas de liasses d’argent liquide. Un téléphone qu’on ne laisse pas traîner et un passeport dont on prend la copie sur soi, incluant la page avec le visa local, et qu’on laisse dans le coffre de l’hôtel. Comme vous conduirez dans le pays, ne laissez pas d’objets visibles dans la voiture. Ce sont à peu près les mêmes recommandations qu’à Naples ou Budapest. Pas de crimes répertoriés envers les étrangers qui, vus par la population, sont de premier abord tous des “gringos”.

Une explication sur vos origines vous assurant rapidement de la sympathie des Nicas. À peine arrivé vous allez devoir payer la taxe d’entrée: 10Usd. À payer en Dollars. D’ailleurs vous allez vous munir de Dollars, le change est plus avantageux. On peut aussi payer les taxis, certains restaurants, des extras dans les hôtels avec le billet vert mais en petites coupures (jamais plus de 20Usd). Pour changer évitez l’aéroport et son taux épouvantable. C’est la même chose dans tous les aéroports du monde, ces Travelex et consorts sont des racketteurs autorisés. Vous pouvez obtenir des dollars dans les distributeurs de billets qui servent billets verts et cordobas, la monnaie locale. N’hésitez pas à demander aux changeurs de rue leur taux mais faites-le bien en évidence. Vous y gagnerez un taux appréciable. L’Euro a parfois cours mais nettement moins avantageux.

Une fois sur place vous allez apprendre à vous lever tôt. Pas difficile d’ailleurs pour vous qui subirez un décalage horaire de 7 heures. Ici on se lève vers 4h30, l’école commence à 6 h du matin ! On se couche tôt aussi : à 21 h tout le monde est au lit. Un rythme à suivre pour bien coller au pays. On ne boit pas l’eau du robinet même si les autochtones le font. Des bouteilles d’eau vous attendent dans votre chambre d’hôtel. Les glaçons sont censés être faits à partir d’eau purifié. C’est le cas dans les établissements de standing. Vous allez conduire c’est la meilleure façon de découvrir le pays. Les routes sont généralement de bonne qualité, la signalisation aussi. Comme partout dans le Tiers Monde il faut envisager le pire que puissent faire les usagers devant vous. Évidemment vous ne roulerez pas de nuit, vous ne verriez pas le paysage, ni les animaux, cyclistes et gens qui se baladent sans éclairage. La police est efficace mais elle a des frais. Si on vous arrête le mieux est de négocier l’amende. Tranquillement mais fermement. 5 Usd devraient faire l’affaire. Prévoir des petites coupures. À donner à l’intérieur du véhicule, les policiers ont leur pudeur…

Au restaurant c’est comme chez les gringos : les prix sont affichés hors taxes. On va rajouter 15 % de taxe (impuesto) et 10 % de service. Vous pouvez aussi ajouter du pourboire (propina) cela ne vous ruinera pas, les prix sont encore bas. Vérifiez bien que l’eau soit purifiée (filtrada ou purificada) ; en cas de doutes Coca Cola pour tout le monde. Pas de pain uniquement dans les restaurants haut de gamme. Côté gastronomie ce n’est pas encore demain le jour où Michelin éditera un guide. Le plat national est le gallo pinto (comme au Costa Rica voisin), mélange de poulet et de riz qu’on mange quasiment à tous les repas.

Au petit déjeuner avec des œufs frits c’est surprenant, rajoutez des bananes poêlées ça passe mieux ! Voyageur audacieux vous pouvez tenter les tostones, des bananes plantains frites recouverts d’une double couche de fromage fondu. Les nacatamales ne sont pas mal non plus. Copieuse galette de maïs fourrée de porc, ou de poulet, de riz, de pommes de terre, de tomates. Rajoutez ail et oignons pour l’haleine. Épicez bien. Servez dans une feuille de bananier. Évidemment pas à midi en pleine chaleur. Histoire de digérer tout cela vous pouvez entreprendre l’ascension d’un volcan, le pays en regorge. Certains sont faciles d’accès, ceux qui sont en activité sont superbes la nuit, lacs de lave spectaculaires. D’autres sont difficiles voire très difficiles. C’est le cas du célèbre Maderas sur l’ile d’Ometepe. Par contre à León ou au départ de Granada les ascensions sont faciles. Côté faune vous verrez beaucoup d’oiseaux dans la forêt nuageuse, des toucans bien sûr, aigrettes, hérons à foison. Les singes hurleurs s’entendent souvent. À León crocodiles, ibis, martins pêcheurs, serpents, porc épic, paresseux attendent votre visite. Si vous prenez une excursion nocturne vous verrez peut être des ocelots et sûrement des caïmans. Sur le lac Nicaragua avec un peu de chance vous verrez nager des requins bouledogue.

On n’imagine pas un pays d’Amérique centrale sans ses fêtes religieuses ou païennes. Parmi la pléthore de fêtes celles de Diriamba sont les plus remarquables, inscrites au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco (Janvier). À noter aussi la fête de la joie (El dia de alegria) qui commémore le départ du dernier des Somoza après 46 ans de dictature familiale. Ça tombe bien le 17 Juillet car le 19 c’est la fête nationale marquant l’entrée des sandinistes à Managua. Autant dire que le pont est assuré.

Pour finir, le voyage au Nicaragua est simple, sans vrai souci. L’essentiel étant de faire comme tout le monde : prendre son temps. L’exactitude n’est pas le fort du pays il faut le savoir, personne ne se presse vraiment, on s’y fait. Et comme vous êtes en vacances le rythme local est fait pour vous. D’ailleurs ici c’est un pays de poètes. Chaque Nicas est un poète dans l’âme. Le personnage le plus connu du pays est Ruben Dario, père du modernisme poétique. Tout le monde connait par cœur des vers voire des poèmes entiers ; les journaux les publient. Enfin le festival littéraire le plus important d’Amérique latine a lieu chaque année en février à Granada, c’est le festival international la poésie, un Cannes de la rime. Autant de poésie dans un seul pays, avouez que c’eut été dommage de la manquer. Très beau voyage !

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