Espagne

Les Canaries, Graines de Paradis

Les Canaries, Graines de Paradis

Elles sont lumineuses, spectaculaires et surtout bien différentes de leur image : les Canaries ont un tempérament de feu. Chacune des sept îles vit sa vie, entre volcans, étendues sahariennes et parenthèses tropicales. Sous influence espagnole autant qu’africaine, l’archipel ne demande qu’à dévoiler son intimité.

 

Canaries. Quel drôle de nom, un nom d’oiseau. Pas si mal pour des îles qui ont rompu les amarres avec l’Afrique pour vivre en toute liberté l’aventure océanienne. Flottant à 150 kilomètres au large du Sahara marocain et à plus de 1 000 kilomètres de l’Espagne, l’archipel ibère s’y connaît en brouillage de cartes. Vous pensiez vous prélasser à la plage, vous vous retrouvez à crapahuter sur un champ de lave ; vous vous attendiez à croiser des hordes d’Allemands et on vous invite à une méharée dans le désert ; vous imaginiez des stations balnéaires et vous voici attablé dans un chiringuito (paillote de poisson et fruits de mer) sur une place déserte à Pozo Negro. Canaries : on efface tout et on recommence.

Micha R

Les sept sœurs espagnoles affichent un certain air de famille avec leurs cousines portugaises Les Açores et Madère dont elles partagent le flirt avec les Alizés. Mais elles sont plus chaudes, avec une température frôlant la perfection toute l’année. 22 °C en moyenne, un éternel printemps, à deux doigts du Tropique du Cancer. De la dorsale méridienne de l’Atlantique, elles ont hérité les volcans, de l’Afrique les déserts, de l’Espagne le caractère extraverti. Des deux derniers, une cuisine généreuse et parfumée. Bref une sorte d’Andalousie atlantique et insulaire, baignée de culture méditerranéenne !

Gunnar Knechtel - Tenerife - Iles Canaries - Espagne

Chez Voyageurs, on adore ces paradoxes et vous emmène à Ténérife, l’île qui résume à elle seule tous les paysages canariens. Elle sait être urbaine et sauvage, cultiver le luxe et le charme, les plages célèbres et les « pueblos » tranquilles. Au petit matin, balade au Teide, Vésuve espagnol (3718m), pour faire crisser ses pas dans le sable volcanique, se glisser entre les coulées de lave pétrifiée plonger dans des piscines naturelles. L’après-midi, promenade dans les bananeraies, visite de La Orotava pour ses grandioses demeures du XVIIe siècle, et baignade sur des plages qui hésitent entre sable blanc et sable noir. Le soir : terrasses, paellas et vins insulaires.

Abama Hotel Resort

A Lanzarote, la préférée de Houellebecq et d’Almodovar, on se laisse happer par le noir charbon des montagnes et le noir d’encre des plages, puis rafraîchir par la blancheur des maisons et les vert anis de palmeraies de l’arrière-pays. L’architecte Cesar Manrique (1919-1992) parlait de son île comme d’une « œuvre d’art sans cadre et sans limites ». Manrique a sauvé Lanzarote du béton et interdit les panneaux publicitaires, laissant toute la place à l’ahurissant parc national de Timanfaya, et aux « zocos », murets creusés dans la pierre ponce en forme de demi-lune pour protéger du vent les pieds de vigne.

On aime aussi Fuerteventura, striée de dunes orangées, comme un morceau de Sahara dérivant sur l’océan ; le charme colonial de Las Palmas, capitale de Grande Canarie et petite sœur de La Havane. A ne pas confondre avec La Palma, l'île en forme de cœur, où les amoureux de la nature fondent pour la végétation luxuriante. On a un petit faible pour La Gomera, si tranquille et si verdoyante dans son parc national ; pour La Graciosa, réserve marine qui se découvre à vélo ou en bateau ; et surtout pour El Hierro un monde à part, où l’on a planté des éoliennes dans la lave : le vent fait tourner leurs pales, fournit une énergie qui hisse l’eau sur le flanc de la montagne, et lorsque le vent tombe, on laisse l’eau s’écouler dans les turbines d’une usine hydro-électrique. Fiat lux. Simple et génial, à l’image des Canaries.

Brigida Soriano